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: Virgine Diatta
Carabane
Depuis longtemps Virginie Diatta arrondit ses revenus familiaux en achetant le vin à base de noix de cajou des agriculteurs locaux et le revendant à partir de sa maison dans son village sur l'île de Carabane. D'après Virginie, la vente de ce vin est particulièrement lucrative ces temps-ci car la saison des pluies a interrompu la production de vin de palme en Casamance. La majeure partie des femmes de Carabane a également des pirogues qui leur permettent de récolter les huîtres, et Virginie achète souvent ces huîtres auprès d'elles pour les revendre avec le vin à base de noix de cajou.
Virginie a utilisé son prêt pour développer ses activités commerciales dans la vente des huîtres dans le pays voisin, la Gambie. Le prêt lui a permis de payer un « sept place » pour traverser la frontière avec ses huîtres fumées où elle les vend à un prix rentable. Elle prend une partie de ce qu'elle gagne pour acheter des batiks gambiens éclatants qui sont assez rares et très demandés au village de Carabane. Actuellement dans sa boutique, Virginie vend des batiks aussi bien que le vin de cajou et les huîtres fraîches et fumées. La route entre Carabane et Gambie est longue et fatigante, mais Virginie a l'intention de continuer à faire le trajet régulièrement, car le commerce à distance est assez rentable, et ça lui permet d'augmenter son revenu et d'améliorer le niveau de vie de sa famille.
: Adeline Diatta
Carabane
L'activité commerciale principale d'Adeline Diatta est la production et vente du « geej» (le poisson salé et séché) qui donne au plat national Sénégalais, le cebbu jen, son goût particulier. Son village, Carabane, n'est pas loin de la frontière avec Guinea-Bissau, dont les pêcheurs viennent pour vendre leurs prises au Sénégal. Adeline s'est arrangée pour que les pêcheurs Guinéens qui viennent à Carabane lui apportent du poisson, qu'elle coupe en deux, couvre du sel, et met à sécher sur un étalage qu'elle a fait elle-même.
Le prêt qu'Adeline a reçu de SEM lui a permis de vendre son « geej » dans la capitale de Dakar, ou elle gagne beaucoup plus de bénéfices par rapport à la région de Casamance ou elle habite. Le trajet entre Carabane et Dakar prend deux jours entiers – Adeline doit prendre une pirogue de l'île jusqu'au continent, puis une série de « sept places » et cars pour traverser le petit pays de la Gambie au nord. Après elle revient au Sénégal et vient enfin sur la péninsule de Dakar. Le « geej » est expédié séparément, dans un bateau qui quitte la Casamance et suit la côte pour arriver à Dakar. Le prix du poisson séché varie beaucoup, donc que c'est difficile pour Adeline de prévoir combien elle va gagner dès son arrivé à Dakar. D'habitude elle gagne entre 25,000 et 30,000 francs CFA (ou $50 - $60). Elle vient à Dakar trois fois par mois.
: Cécilia Diatta
Carabane
Cécilia Diatta fait du travail bénévolat en tant qu'infirmière et matrone dans la maternité dans son village de Carabane. Elle est sollicitée à la maternité, ce qui fait qu'il lui est difficile de quitter l'île. Néanmoins, Cécilia a créé un petit commerce où elle achète du sucre d'un village à côté où on cultive la canne à sucre. Un des villageois de Carabane qui voyage hors du village une fois par mois s'est mis d'accord pour lui acheter quelques sacs de sucre en gros chaque fois qu'il se déplace. Puis Cécilia vend le sucre en détail à partir de sa maison à Carabane, et elle gagne à peu près 6,000 francs CFA par mois. Son travail à la maternité ne lui permet pas de consacrer autant de temps qu'elle voudrait à son commerce. Pourtant, son business apporte un petit revenu supplémentaire qui lui permet de faire les achats potentiels et d'épargner un peu d'argent pour les jours difficiles.
Daba Ndiaye
Louly Ngogom
« Je m'appelle Daba Ndiaye, je suis la femme de Ndigue Diop, et je travaille dans notre champ. Aujourd'hui je suis toute seule, mon mari est absent pour les obligations sociales et je dois faire le travail que je faisais d'habitude avec lui. Quant à l'enfant que j'ai sur mon dos, j'ai l'habitude de le porter. On a beaucoup d'espoir pour cette année ; les pluies ont été bonnes cette année et l'on s'attend à une bonne récolte. On est très reconnaissante envers ceux qui nous ont mis en rapport avec CRESP [un des anciens partenaires locaux de SEM], qui nous a aidé à utiliser le microcrédit pour trouver les fonds nécessaires pour l'achat de graines. On sait très bien ce que cet argent signifie pour nous et nos familles. »
Mariam Sarr Diagne
Nder
Mariam Sarr Diagne tient un petit restaurant dans village de Nder à côté du désert Sahara. Elle prépare le petit-déjeuner le matin, du café et du pain, et le soir elle vend les sandwiches et les autres plats nord-africains très simples comme le couscous
Magette Gaye Pilor
Nder
Magette Gaye Pilor a pris son prêt pour commencer un petit commerce où elle vend du café et des beignets. Elle a acheté une bouteille de gaz, du Nescafé, de la farine, du beurre, et du sucre. Avec cela elle s'est installée sur le chemin qui mène aux champs de manioc derrière son village. Maintenant elle passe ses matinées là-bas, en préparant les beignets frais et du café pour vendre aux paysans qui passent.
Ndèye Diaw
Nder
Ndèye Diaw travaille avec un groupe de quatre femmes qui se cotisent pour acheter du bétail. L'année dernière, elles ont acheté un jeune mouton pour $43 dollars (21,000 CFA), qu'elles ont élevé dans le village pour revendre à $100 (50,000 CFA) à l'occasion de la Tabaski.
Présentement, le groupe de Ndèye a utilisé les bénéfices de la vente et de leur nouveau prêt de SEM pour acheter un jeune bœuf.
Annia Badiane
Carabane
Annia Badiane habite sur l'île de Carabane dans le Fleuve Casamance, où les Diolas ont développé un système de commerce complexe dans lequel chaque village de l'île se spécialise dans son propre produit, comme les crevettes séchées ou le vin à base de noix de cajou. Traditionnellement, le petit commerce est l'activité des femmes ici, et les femmes Diolas passent beaucoup de temps en faisant la navette sur le fleuve dans les pirogues pour vendre leurs produits. Anna utilise son prêt SEM pour participer à ce commerce entre îles en louant une pirogue pour aller à l'île Hayère, où l'on produit et vend l'huile de palme qu'on utilise dans la cuisine traditionnelle un peu partout en Afrique de l'Ouest. La production de l'huile de palme demande beaucoup de temps et du travail, car on doit récolter les noix, les bouillir jusqu'à ce qu'ils deviennent mous, les piler dans un grand mortier, et puis les remettre dans de l'eau bouillante jusqu'à ce qu'on puisse enlever l'huile orange qui flotte au-dessous. Deux fois par mois, Anna part à Hayère, où elle achète entre quarante et soixante litres de l'huile de palme à 700 francs CFA (à peu près $1,37 dollars) par litre. Puis elle emporte l'huile à Carabane ou le prix est 1000 CFA ($1.95) par litre. Anna gagne ainsi entre 12,000 et 18,000 CFA ($23 - $35) chaque fois qu'elle fait le trajet, ce qui lui laisse un bénéfice assez élevé malgré ses dépenses.
Ousmane
Ndiaye
Boucotte
Le
groupe Khelcom construit un cybercafé dans le village de Boucotte,
juste à côté de la station balnéaire touristique de Cap Skirring.
Ousmane Ndiaye, le gérant, explique qu'il y a une forte demande pour ce
service dans le village, où aucune connexion n'est disponible. Et au
Cap, il remarque que les cybers sont chers -- 2 à 3 fois plus qu'à
Dakar -- et pas assez nombreux, car il faut souvent attendre plus de 30
minutes pour utiliser une machine. En tant qu'agriculteur, Ousmane se
lance dans une grande aventure: son prêt précédent était pour faire du
maraichage! Ousmane a contribué une salle qu'il possédait déjà et est
maintenant en train d'obtenir des ordinateurs, des meubles, une
photocopieuse, et des connexions. Il prévoit de commencer avec 4 ou 5
ordinateurs tout en ayant la capacité de s'agrandir jusqu'à 10, même
s'il devra enlever un mur pour faire plus de place. Il espère aussi
proposer des cours d'initiation en informatique pour les enfants du
village, pour qu'ils n'aient rien à envier aux enfants de Dakar qui
apprennent souvent à utiliser Internet à l'école.
Kamutène
Carabane
Les femmes de Kamutène vendent des noix de coco, des bananes, et des
oranges dans la région de Basse Casamance. Les membres achètent les
noix de coco dans l'île de Carabane pour les revendre à Ziguinchor, la
ville principale de la région, alors qu'elles obtiennent les autres
fruits dans les villages environnants pour les revendre ici à Carabane.
A cause de la difficulté de la saison pluvieuse de l'année dernière,
les femmes disent que leurs économies ne sont pas actuellement tout à
fait suffisantes, car elles ont dû acheter du riz au lieu d'en produire
assez dans les rizières de l'île. Pourtant, elles arrivent à rembourser
le prêt et disent que celui-ci leur a facilité la vie, notamment en
permettant à leurs familles de mieux manger.
Ujamoral Kafakh
Carabane
Le
groupement Kafakh vend du poisson frais et fumé aussi bien que des
huîtres, qu'elles collectent dans les mangroves locales, dans leur île
natale de Carabane et à la foire internationale de Diaoubé qui se tient
toutes les deux ou trois semaines. Les femmes du groupe ont utilisé ce
prêt de Sem pour remplacer leurs vieux filets dans le but de pouvoir
pêcher plus efficacement. Elles sont reconnaissantes de la possibilité
de faire leur commerce et disent que puisque le travail va extrêmement
bien, elles n'ont pas de problèmes pour rembourser jusqu'ici. Majiguène
Gueye, l'un des membres, donne des cours d'alphabétisation dans son
temps libre, enseignant des adultes qui n'ont pas fini l'école à lire
et à écrire les langues wolof et diola.
Propaf
Ker Gu Mag
Composé
d'à peu près 30 membres au
total, principalement des femmes, le groupement Propaf a réussi à
monter une entreprise pour transformer les céréales (mil, maïs, etc.)
et les revendre au marché. Ayant bénéficié d'un prêt initial en
novembre 2006 qui a été renouvelé en 2007, Propaf a récemment été
couronné du 3e prix du Président du Sénégal pour l'entreprenariat
féminin. Selon Fatou Diallo, membre du groupe, les deux prêts ont sorti
l'entreprise de l'eau. Le premier prêt a permis au groupement d'obtenir
des équipements et des formations pour améliorer sa procédure de
travail et éviter les gaspillages; depuis lors l'entreprise a su
énormément élargir ses opérations -- les 5 kilos de mil avec lesquels
elle a démarré sont devenus une tonne, plus 500 kilos de maïs à
transformer chaque mois ! Les travailleuses et travailleurs sont
particulièrement rigoureux dans les pratiques hygiéniques et la
répartition des tâches, et souhaiteraient un jour vendre leurs produits
dans toute la sous-région d'Afrique de l'ouest; mais en attendant,
Fatou aime rappeler aux entrepreneurs aspirants que les choses ne sont
jamais faciles et qu'il ne faut pas espérer des résultats immédiats. De
plus ce n'est pas tellement les bénéfices de l'entreprise, ni le prix
du Président qui la motivent à continuer, mais le désir d'avoir un
impact durable sur le développement de la région grâce au travail
patient et acharné. C'est peut-être le vieux proverbe qu'elle a cité
qui dit tout : "On récolte toujours ce que l'on a semé."
Yakaar
Ker Gu Mag
Yakaar gère une petite boutique générale au marché de Diourbel, situé à
3 heures de Dakar. Le commerce, supplémenté par l'élevage d'animaux et
la couture, est l'activité principale du groupement. L'affaire va bien
et même s'agrandit. Ballag Gieng et ses collègues espèrent ouvrir une
deuxième boutique à Bamako, à deux jours de route de Diourbel. Ils
cherchent aussi à étendre leurs opérations dans d'autres pays de la
sous-région. La clé de leur succès? Comme plusieurs autres groupements
à Diourbel, Yakaar réinvestit tous ses bénéfices dans l'entreprise,
sans rien prendre pour les membres individuels pendant les trois
premières années. Donc Balla et les autres ont choisi de survivre par
d'autres moyens jusqu'en 2010 pour s'assurer que leur entreprise
financée par Sem soit suffisamment développée et solide pour durer
pendant longtemps. Ils espèrent également que cette stragégie
contribuera à renforcer l'économie locale.
Jamonoy
Tey
Loudia
Le
groupement Jamonoy Tey fabrique
des produits artisanaux mais aussi du maraichage dans le village de
Loudia au sud du Sénégal. Mansata Diedhiou fait de la vannerie, des
paniers, des nattes pour prier ou pour dormir, et des parapluies
traditionnels. Khardiata Diatta a utilisé ce prêt pour acheter des
semances pour cultiver du manioc, des patates douces, et des arachides,
et les vendre dans la ville d'Elinkine, qui n'est pas trop loin. Les
femmes sont extrêment reconnaissantes de ce prêt et disent qu'il les a
aidées avec les frais de scolarité et de santé pour leurs familles.
Pierre
Senghor
Mlomp
Pierre Senghor, le chef du groupement Aroka, gère un restaurant depuis
2000 à Mlomp, un village de Casamance au sud du Sénégal. Son restaurant
marche bien parce que des voyageurs viennent souvent en vélo de Pointe
St-Georges, un site touristique bien connu sur la plage à quelques
kilomètres de distance, pour admirer les grands arbres et
l'architecture locale traditionnelle -- et ils amènent leur soif avec
eux. Pourtant, puisqu'ils retournent inévitablement à leurs hôtels,
Pierre a eu l'idée d'investir dans une auberge à 4 chambres pour donner
aux visiteurs la possibilité de loger à Mlomp. Bien que l'auberge soit
techniquement déjà ouverte, Pierre travaille sans cesse pour arranger
les derniers détails de construction pour pouvoir concurrencer les
autres hôtels et attirer des logeurs en proposant le même niveau de
confort. L'auberge s'appelle "Le Rônier - Kalahaye," c'est-à-dire le
nom en français et en diola du type de palmier qu'on trouve partout
dans les forêts environnantes.
Khalis
Youm
Mbour
Khalis
Youm dirige le groupement Bocc
Jeff à Mbour, qui réunit des jeunes filles ayant arrêté l'école pour
les enseigner à coudre et à tricoter. Elles fabriquent des draps, des
taies d'oreiller, des vêtements, des nappes, et d'autres produtis
soigneusement décorés dans le but de devenir des femmes plus
auto-suffisantes et indépendantes. Khalis a expliqué que jusqu'ici
elles ont utilisé le prêt de Sem pour acheter des matériels et pour
lancer leur projet, mais il faudra encore voir si les ventes seront
bonnes. Elle aimerait utiliser un deuxième prêt dans le futur pour
mieux équiper ses travailleuses, par exemple en s'assurant que toute
jeune fille acceptée dans le groupe ait une machine à coudre. Elle
envisage de monter un jour une mercerie pour ne plus avoir à faire le
trajet à Dakar pour acheter des matériels.
Waagmi
Le groupement Waagmi
fait une activité peu commune: la vente de pain fait à base d'algues
marines. Un ami qui faisait des recherches sur les algues marines leur
avait recommandé cette idée il y a quelques années, après avoir trouvé
que les algues pouvaient apporter une valeur nutritionnelle
significative à la nourriture locale, basée en grande partie sur les
glucides. Depuis lors le groupe, composé entièrement de femmes,
fabrique des baguettes et des boulettes de pain qui sont très
populaires dans la communauté. Les femmes sèchent et moulent des algues
pour en faire des paillettes. Puis elles les ajoutent à la pâte
qu'elles font cuire dans leur boulangerie, située convenablement à côté
de la mer. Le pain qu'elles font est délicieux, comme tout pain frais,
sans différence de couleur ni de goût. Les femmes fabriquent également
une poudre à base d'algues marines qui peut s'ajouter au lait ou aux
jus de fruit comme conservateur ou additif nutritionnel. Ce prêt Sem
les a aidées à augmenter leurs opérations, quoique pas autant qu'elles
l'avaient espéré. A l'aide d'un deuxième prêt elles espèrent acheter
des pétrins électriques pour accélérer le processus de production, le
pétrissage s'étant fait jusqu'ici à la main. Seynabou et Khady sont
heureuses d'aider à soutenir leurs familles, puisque le travail de
pêche et de culture de leurs maris est souvent insuffisant.
Alpha Diallo du
groupement Diama 2 gère un magasin de vélos au centre d'Oussouye, une
petite ville animée de Casamance. En plus des réparations, il vend
également des pièces détachées et des vélos neufs. L'entreprise marche
si bien qu'il peut faire ses remboursements en avance -- les vélos sont
un moyen de transport commode et relativement accessible pour les gens
d'ici de circuler entre les nombreux villages et les routes difficilent
qui les relient. Ce prêt lui a permis d'acheter plus de vélos et de
pièces, et de les obtenir à Ziguinchor, la ville principale de la zone,
et en Gambie, un pays limitrophe où les prix sont d'habitude plus bas.
Khady Sow, chef des 5 femmes de Diappo Ligueye,
vend du jus et des boissons glacées de sa maison; située près de la mer
à Thiaroye dans la banlieue de Dakar. Elle a utilisé ce prêt pour
acheter un frigidaire-congélateur pour fabriquer et stocker ses
produits, qui sont très populaires dans les mois d'été quand les
estivants ont chaud et soif. Les autres bénéficiaires, dit-elle, vend
des légumes et des tissus teints; de plus Khady a également acheté un
mouton qu'elle élève et qu'elle compte vendre pour la fête musulmane de
Tabaski. Khadi dit que l'affaire a très bien marché cet été. Son seul
problème est les fréquentes coupures et baisses de tension qui ont fini
par abîmé son frigidiare, l'obligeant à le faire réparer deux fois.
Elle espère un renouvellement plus important de ce prêt pour que les
autres membres de son association de femmes qui n'en ont pas bénéficié
cette fois-ci puissent le partager la prochaine fois.
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